Le 23 novembre 2025, à son 20.089ᵉ jour sur Terre, Gilles Breës nous a quittés sur un trottoir sans crier gare.
Ceci n’est pas un mauvais canular, même si derrière sa politesse légendaire et son introversion feutrée, cet éternel jeune homme aiguisait un esprit farceur et un humour décalé.
En semaine, il était employé dans un service de pédiatrie. Le week-end, il aimait conduire une voiture vintage et rouler sous les feuilles d’automne. Félinophile, il collectionnait les représentations d’Hello Kitty, consacrait une soirée par semaine à prendre soin de chats abandonnés, et partageait son quotidien avec deux fauves : Charmmy et ChocoCat.
Gilles était aussi doté d’un alias pop : Snowcat — qui s’est envolé avec lui, deux mois après avoir sorti son dernier album. Plus extravagant, ce crooner mélancolique cultivait l’élégance décadente des chansons d’amour écrites devant un café fumant, un bon vin ou un vieux whisky, dans un bar enfumé à la tombée de la nuit. De Tokyo à Waterloo, il débusquait les cuisines nippones et la culture asiatique partout où elles se nichent, ponctuant ses voyages de concerts et de rencontres avec les musiciens qu’il admirait.
Gilles et son double cosmique pratiquaient l’art de l’alchimie : celle des moteurs anciens comme des synthétiseurs, absorbant et mélangeant des influences variées — du rock progressif au reggae, du funk à l’ambient, de la soul à Fred Astaire.
Toute personne qui l’a connu et apprécié est bienvenue pour lui rendre un hommage que l’on souhaite à son image : coloré, kitsch et glamour.