{"version":"1.0","provider_name":"Le Cerf Blanc","provider_url":"https:\/\/lecerfblanc.be\/nl\/","author_name":"Kate Houben","author_url":"https:\/\/lecerfblanc.be\/nl\/author\/katehouben\/","title":"Avis de d\u00e9c\u00e8s : Jean Brocas","type":"rich","width":600,"height":338,"html":"<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"yeGXLr86AR\"><a href=\"https:\/\/lecerfblanc.be\/nl\/condoleren\/jean-brocas\/\">Jean Brocas<\/a><\/blockquote><iframe sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" src=\"https:\/\/lecerfblanc.be\/nl\/condoleren\/jean-brocas\/embed\/#?secret=yeGXLr86AR\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"&#8220;Jean Brocas&#8221; &#8212; Le Cerf Blanc\" data-secret=\"yeGXLr86AR\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" class=\"wp-embedded-content\"><\/iframe><script>\n\/*! This file is auto-generated *\/\n!function(d,l){\"use strict\";l.querySelector&&d.addEventListener&&\"undefined\"!=typeof URL&&(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&&!\/[^a-zA-Z0-9]\/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret=\"'+t.secret+'\"]'),c=new RegExp(\"^https?:$\",\"i\"),i=0;i<o.length;i++)o[i].style.display=\"none\";for(i=0;i<a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&&(s.removeAttribute(\"style\"),\"height\"===t.message?(1e3<(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r<200&&(r=200),s.height=r):\"link\"===t.message&&(r=new URL(s.getAttribute(\"src\")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&&n.host===r.host&&l.activeElement===s&&(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener(\"message\",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener(\"DOMContentLoaded\",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll(\"iframe.wp-embedded-content\"),r=0;r<s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute(\"data-secret\"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+=\"#?secret=\"+t,e.setAttribute(\"data-secret\",t)),e.contentWindow.postMessage({message:\"ready\",secret:t},\"*\")},!1)))}(window,document);\n\/\/# sourceURL=https:\/\/lecerfblanc.be\/wp-includes\/js\/wp-embed.min.js\n<\/script>\n","thumbnail_url":"https:\/\/lecerfblanc.be\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/jean-brocas.jpg","thumbnail_width":1200,"thumbnail_height":630,"description":"Jean, Papouch, mon p\u00e8re, vient de boucler son sac \u00e0 dos pour la derni\u00e8re fois. Je lui souhaite bon voyage m\u00eame si, cette fois, j\u2019ignore sa destination. J\u2019esp\u00e8re que comme \u00e0 son habitude, il m'enverra bient\u00f4t une carte postale ou me passera un appel de l\u2019autre bout du monde pour me dire qu\u2019il est bien arriv\u00e9. Je regarderai le ciel, parlerai aux renards qu'il aime tant et \u00e9couterai les oiseaux qui m'apporteront certainement son message. Grand voyageur, penseur, faiseur de libert\u00e9, farfelu et dr\u00f4le, discret, secret et aimant, ind\u00e9fectible soutenant, inspirant, je suis heureuse d\u2019\u00eatre sa fille. Je l\u2019aimerai encore longtemps, toujours. Mimi Lundi. Les derni\u00e8res lueurs de l'hiver tentent une perc\u00e9e maladroite dans ton petit appartement. Sur ton lit, la lumi\u00e8re filtr\u00e9e par les rideaux tir\u00e9s devient orang\u00e9e. L'orchid\u00e9e sur ta table de nuit a fleuri. Un nouveau printemps nous tend les bras, demain. Un quatre-vingt huiti\u00e8me printemps. Mais demain, c'est loin. Tr\u00e8s loin, parfois. Je m'assied pr\u00e8s de toi, ta main dans la mienne, les yeux mi-clos. J'inspire tr\u00e8s fort. J'ai peur. Entres les deux tentures, dans l'encadrement de la fen\u00eatre, broutant l'herbe autour de ta chambre, le troupeau de moutons. Certains blancs, d'autres noirs, comme les jours. C'est curieux, mais dans la vie qui s'en va, il y a encore la vie. Je n'y avais jamais pens\u00e9 avant aujourd'hui. Dans la vie qui s'en va, il y a encore les rires de l'enfance, les jours heureux, les tartines \u00e0 la cassonade, les alpinistes de carnaval, les farfadets fac\u00e9tieux, les marmottes, les macareux et les trilobites. Dans la vie qui s'en va, il y a encore les pinsons, les ablettes et les pommiers fleuris, Godinne, Genval et Treignes, Bombay, Canton et Pondich\u00e9ry. Dans la vie qui s'en va se concentrent en quelques minutes tous les silences et tous les mots, le choses dites et non dites, les serments, les promesses, les oublis, les absences, les forces et les faiblesses, les regrets m\u00eame. Dans la vie qui s'en va, il y a encore l'eau qui bout \u00e0 90 degr\u00e9s \u00e0 8.000 m d'altitude, la balle de tennis l\u00e2ch\u00e9e dans un train qui roule \u00e0 120 km\/h, tes questions qui r\u00e9pondaient \u00e0 mes questions. Dans la vie qui s'en va, comme dans le col d'Allos ou dans les Aravis, escalad\u00e9s ensemble sur un v\u00e9lo, ce sont les derniers lacets qui sont les plus durs. Schubert est avec nous. Quatuor \u00e0 cordes n\u00b01 en do mineur. La vie qui s'en va ne nous accorde que quatre mouvements. Mais elles nous a d\u00e9j\u00e0 accord\u00e9 tant. Je me sens parfaitement \u00e0 ma place, ancr\u00e9 \u00e0 tes c\u00f4t\u00e9s. Je suis ton fils. Tu es mon p\u00e8re. La peur a disparu. La vie s'en va et une autre vie commence. Sans toi, tout sera diff\u00e9rent mais, je te l'ai promis, tu ne seras pas oubli\u00e9. Lucien"}