<?xml version="1.0"?>
<oembed><version>1.0</version><provider_name>Le Cerf Blanc</provider_name><provider_url>https://lecerfblanc.be/nl/</provider_url><author_name>Kate Houben</author_name><author_url>https://lecerfblanc.be/nl/author/katehouben/</author_url><title>Avis de d&#xE9;c&#xE8;s : Jean Brocas</title><type>rich</type><width>600</width><height>338</height><html>&lt;blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tM3R59EYtk"&gt;&lt;a href="https://lecerfblanc.be/nl/condoleren/jean-brocas/"&gt;Jean Brocas&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;iframe sandbox="allow-scripts" security="restricted" src="https://lecerfblanc.be/nl/condoleren/jean-brocas/embed/#?secret=tM3R59EYtk" width="600" height="338" title="&#x201C;Jean Brocas&#x201D; &#x2014; Le Cerf Blanc" data-secret="tM3R59EYtk" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no" class="wp-embedded-content"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;script&gt;
/*! This file is auto-generated */
!function(d,l){"use strict";l.querySelector&amp;&amp;d.addEventListener&amp;&amp;"undefined"!=typeof URL&amp;&amp;(d.wp=d.wp||{},d.wp.receiveEmbedMessage||(d.wp.receiveEmbedMessage=function(e){var t=e.data;if((t||t.secret||t.message||t.value)&amp;&amp;!/[^a-zA-Z0-9]/.test(t.secret)){for(var s,r,n,a=l.querySelectorAll('iframe[data-secret="'+t.secret+'"]'),o=l.querySelectorAll('blockquote[data-secret="'+t.secret+'"]'),c=new RegExp("^https?:$","i"),i=0;i&lt;o.length;i++)o[i].style.display="none";for(i=0;i&lt;a.length;i++)s=a[i],e.source===s.contentWindow&amp;&amp;(s.removeAttribute("style"),"height"===t.message?(1e3&lt;(r=parseInt(t.value,10))?r=1e3:~~r&lt;200&amp;&amp;(r=200),s.height=r):"link"===t.message&amp;&amp;(r=new URL(s.getAttribute("src")),n=new URL(t.value),c.test(n.protocol))&amp;&amp;n.host===r.host&amp;&amp;l.activeElement===s&amp;&amp;(d.top.location.href=t.value))}},d.addEventListener("message",d.wp.receiveEmbedMessage,!1),l.addEventListener("DOMContentLoaded",function(){for(var e,t,s=l.querySelectorAll("iframe.wp-embedded-content"),r=0;r&lt;s.length;r++)(t=(e=s[r]).getAttribute("data-secret"))||(t=Math.random().toString(36).substring(2,12),e.src+="#?secret="+t,e.setAttribute("data-secret",t)),e.contentWindow.postMessage({message:"ready",secret:t},"*")},!1)))}(window,document);
//# sourceURL=https://lecerfblanc.be/wp-includes/js/wp-embed.min.js
&lt;/script&gt;
</html><thumbnail_url>https://lecerfblanc.be/wp-content/uploads/2023/09/jean-brocas.jpg</thumbnail_url><thumbnail_width>1200</thumbnail_width><thumbnail_height>630</thumbnail_height><description>Jean, Papouch, mon p&#xE8;re, vient de boucler son sac &#xE0; dos pour la derni&#xE8;re fois. Je lui souhaite bon voyage m&#xEA;me si, cette fois, j&#x2019;ignore sa destination. J&#x2019;esp&#xE8;re que comme &#xE0; son habitude, il m'enverra bient&#xF4;t une carte postale ou me passera un appel de l&#x2019;autre bout du monde pour me dire qu&#x2019;il est bien arriv&#xE9;. Je regarderai le ciel, parlerai aux renards qu'il aime tant et &#xE9;couterai les oiseaux qui m'apporteront certainement son message. Grand voyageur, penseur, faiseur de libert&#xE9;, farfelu et dr&#xF4;le, discret, secret et aimant, ind&#xE9;fectible soutenant, inspirant, je suis heureuse d&#x2019;&#xEA;tre sa fille. Je l&#x2019;aimerai encore longtemps, toujours. Mimi Lundi. Les derni&#xE8;res lueurs de l'hiver tentent une perc&#xE9;e maladroite dans ton petit appartement. Sur ton lit, la lumi&#xE8;re filtr&#xE9;e par les rideaux tir&#xE9;s devient orang&#xE9;e. L'orchid&#xE9;e sur ta table de nuit a fleuri. Un nouveau printemps nous tend les bras, demain. Un quatre-vingt huiti&#xE8;me printemps. Mais demain, c'est loin. Tr&#xE8;s loin, parfois. Je m'assied pr&#xE8;s de toi, ta main dans la mienne, les yeux mi-clos. J'inspire tr&#xE8;s fort. J'ai peur. Entres les deux tentures, dans l'encadrement de la fen&#xEA;tre, broutant l'herbe autour de ta chambre, le troupeau de moutons. Certains blancs, d'autres noirs, comme les jours. C'est curieux, mais dans la vie qui s'en va, il y a encore la vie. Je n'y avais jamais pens&#xE9; avant aujourd'hui. Dans la vie qui s'en va, il y a encore les rires de l'enfance, les jours heureux, les tartines &#xE0; la cassonade, les alpinistes de carnaval, les farfadets fac&#xE9;tieux, les marmottes, les macareux et les trilobites. Dans la vie qui s'en va, il y a encore les pinsons, les ablettes et les pommiers fleuris, Godinne, Genval et Treignes, Bombay, Canton et Pondich&#xE9;ry. Dans la vie qui s'en va se concentrent en quelques minutes tous les silences et tous les mots, le choses dites et non dites, les serments, les promesses, les oublis, les absences, les forces et les faiblesses, les regrets m&#xEA;me. Dans la vie qui s'en va, il y a encore l'eau qui bout &#xE0; 90 degr&#xE9;s &#xE0; 8.000 m d'altitude, la balle de tennis l&#xE2;ch&#xE9;e dans un train qui roule &#xE0; 120 km/h, tes questions qui r&#xE9;pondaient &#xE0; mes questions. Dans la vie qui s'en va, comme dans le col d'Allos ou dans les Aravis, escalad&#xE9;s ensemble sur un v&#xE9;lo, ce sont les derniers lacets qui sont les plus durs. Schubert est avec nous. Quatuor &#xE0; cordes n&#xB0;1 en do mineur. La vie qui s'en va ne nous accorde que quatre mouvements. Mais elles nous a d&#xE9;j&#xE0; accord&#xE9; tant. Je me sens parfaitement &#xE0; ma place, ancr&#xE9; &#xE0; tes c&#xF4;t&#xE9;s. Je suis ton fils. Tu es mon p&#xE8;re. La peur a disparu. La vie s'en va et une autre vie commence. Sans toi, tout sera diff&#xE9;rent mais, je te l'ai promis, tu ne seras pas oubli&#xE9;. Lucien</description></oembed>